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28/10/11

Les actions se renforcent mais une reprise est incertaine

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Si les indicateurs clés, comme l'effondrement des prix du cuivre, l'envolée des spreads de crédit et la volatilité des marchés actions, pointent vers un double creux (« double dip ») imminent, nous avons tout de même enregistré récemment de bonnes nouvelles.

 

La plupart des données économiques publiées pour septembre a été meilleure que prévu, bien que ce ne soit pas flagrant. S'il est trop tôt pour dire que l'économie mondiale se redresse, il ne fait aucun doute que le ralentissement marque une pause. Ce qui indique, pour l'instant, qu'une récession ne va pas se concrétiser. Mais ce n'est pas tout. Le vaste programme destiné à faire face à la crise de la zone euro, avec le renforcement des bilans des banques et le net développement du Fonds européen de stabilité financière (FESF), semble crédible. Ceci dit, cela reste pour l'instant un programme. Le risque d'exécution est élevé. Les hommes politiques parlent beaucoup, mais sauront-ils mettre leurs discours en pratique ? Dans ce contexte encore incertain, l'équipe de recherche sur les marchés financiers de Robeco garde son approche sceptique des actifs risqués en termes d'allocation. Elle reste prudente concernant les perspectives des actions, estimant qu'une nouvelle baisse est plus probable qu'une reprise. Elle émet une recommandation neutre sur les obligations investment-grade, high yield et les obligations d'État, ainsi que sur les matières premières et l'immobilier.  

Les États-Unis devraient éviter la récession

Les États-Unis sont un bon exemple d'une économie qui semble de prime abord s'engouffrer dans une récession, mais où une amélioration des données suggère qu'un double creux a peu de chances de se concrétiser. Certes, une poignée d'indicateurs clés révèle une situation morose. Les prix des matières premières ont diminué. Les spreads d'entreprises se sont élargis. Les marchés actions ont démarré le trimestre dernier en ayant atteint un nouveau point bas sur l'année. Aucun de ces événements n'est en soi un indicateur fiable sur le fait que l'économie américaine se dirige vers une récession, mais leur simultanéité a entraîné beaucoup de discussions autour d'un double creux. Cependant, les dernières données économiques américaines ont dépassé les prévisions. Les ventes automobiles ont repris en septembre, les indicateurs de confiance des producteurs ont généralement été supérieurs aux attentes et les prix de l'immobilier semblent s'être stabilisés. En outre, la révision du PIB du deuxième trimestre ne contenait pas de mauvaises surprises.  

Le climat reste extrêmement fragile

Malgré de nombreuses nouvelles positives (les prix du pétrole diminuent, les taux réels sont négatifs et les consommateurs ont réduit leur niveau d'endettement), le climat est extrêmement fragile. Et il en faudra peu pour déclencher une nette dégradation. Il existe de nombreux événements, potentiellement déstabilisants, à réellement éviter en ce moment : l'incertitude croissante concernant les banques américaines, un éventuel défaut de paiement pénible en Europe, une nouvelle impasse entre les Républicains et les Démocrates sur la mise en œuvre de l'ambitieux American Jobs Act de Barack Obama, et une véritable guerre commerciale avec la Chine.

La zone euro est le maillon le plus faible

Mais si l'économie américaine s'est stabilisée et ne semble pas tomber dans la récession, nous sommes beaucoup moins optimistes concernant la zone euro. Ceci dit, les résultats économiques des principaux pays européens sont certainement comparables à ceux des Etats-Unis. La croissance ralentit mais n'est pas encore négative. Le vrai problème vient des pays périphériques. L'Europe est de loin le maillon le plus faible, les mesures d'austérité et les incertitudes persistantes sur l'avenir de la zone euro commençant à se faire sentir.

La crise de la dette de la zone euro s'est intensifiée

Le sauvetage de Dexia de la part des gouvernements français et belge représente une nouvelle intensification de la crise de la zone euro. Cela en dit long sur les tests de résistance européens…. Mais à toute chose malheur est bon. Le point positif dans la chute de Dexia est que les responsables politiques européens ont enfin réalisé qu'une recapitalisation du secteur bancaire est nécessaire. Dans ce contexte, la BCE a plusieurs bonnes raisons de recommencer à baisser les taux d'intérêt. Mais la banque centrale de la zone euro a prudemment maintenu les taux à 1,5 % lors de sa dernière réunion, après la hausse inattendue de l'inflation à 3 % en septembre. Ce sera maintenant au nouveau président Mario Draghi d'inverser les hausses de taux d'intérêt appliquées en début d'année

La Banque d'Angleterre sur le pied de guerre

Au Royaume-Uni, l'approche de la banque centrale est très différente. La Banque d'Angleterre a annoncé une hausse de 75 milliards de livres dans son programme d'achat d'obligations, même si l'inflation reste presque deux fois supérieure au niveau cible. Il est évident que la Banque d'Angleterre a une façon de penser différente mais elle a certainement raison : l'inflation n'est pas le problème le plus urgent pour le Royaume-Uni, pour l'instant. La croissance économique est en effet quasiment au point mort.

Les chiffres japonais sont décevants

Si la plupart des résultats américains ont réussi à dépasser les prévisions, le Japon semble connaître la situation inverse. La production industrielle, la vente de détail, les dépenses des consommateurs et la balance commerciale ont été en deçà des prévisions, parfois de façon très nette. Néanmoins, l'économie japonaise est actuellement dans une phase de redressement post-tsunami liée à la reconstruction, si bien que le risque d'une récession, ou plutôt le risque que le Japon ne mette pas fin à la récession entamée au premier trimestre, n'est pas si grand. La situation générale n'est pas très attrayante. Nous continuons de croire que le couple risque/rendement pour l'ensemble de l'économie japonaise, avec le vieillissement de sa population et un ratio dette/PIB de 230 %, n'est pas très alléchant. Le ralentissement de l'économie mondiale s'est aussi fait sentir sur les principaux marchés émergents. Par conséquent, les risques inflationnistes dans la région sont en train de diminuer, réduisant la pression sur les décideurs monétaires. Pendant ce temps, les craintes que l'économie chinoise connaisse un atterrissage difficile se sont apaisées.

Perspectives d'investissements :

  • Les perspectives restent négatives pour les actions
  • Marchés émergents : la région préférée pour les actions
  • Notre préférence va toujours aux secteurs défensifs
  • Position neutre sur l'immobilier
  • Les perspectives s'améliorent pour les obligations d'entreprise investment grade
  • Les faibles risques d'inflation et la crise de la zone euro soutiennent les obligations d'État
  • Recommandation toujours neutre pour les matières premières

 

par Lukas Daalder
Stratégiste chez Robeco

 

  L’équipe de stratégistes en investissements de Robeco suit quotidiennement les évolutions sur les marchés financiers. Nos recommandations tiennent compte des chiffres macro-économiques comme le taux d’inflation, les taux d’intérêt et la croissance économique ; elles sont également influencées par une analyse technique et des aspects fondamentaux et quantitatifs comme la valorisation et la croissance des bénéfices. Ces recommandations contribuent à obtenir une répartition optimale des actions, des obligations et des espèces, quel que soit le profil d’investissement. Enfin, nous favorisons également les régions et les secteurs qui font partie du portefeuille d’actions.

 

 

 

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